Chapitre 5 - Nina
Il y a déjà 20 ans que Nina a 20 ans. Le temps l'a oublié, laissé là, comme cristallisée dans le nacre ou enveloppée dans le premier coton. Comment ne pas oublier Nina ? Fragile et solitaire elle ressemble à ces fleurs des profondeurs qui n'étincellent que pour elles-mêmes. Accrochées à de puissants récifs, elles attendent paisiblement que l'éternité vienne les cueillir.
Allongée les jambes nues sur cette plage-galets, elle prend sa pause d'après-midi. Depuis toujours et surtout à l'entrée de l'été, elle aime communier avec le bruit des rouleaux, la caresse du vent, et toutes ses petites perles de pierre qui lui massent le dos du corps.
Nina est serveuse dans un de ces kiosques du bord de mer. Elle y travaille à sourire et à rêver. Nina pleure souvent quand elle se réveille. Ce qui la console, c'est de croire que tout ceci a un sens. Qu'un jour, elle finira bien par comprendre et par tendre vers ce qu'elle pense être sa destinée.
- Maman, maman, réveille-toi, Carlo est en colère … il dit que …
- Je sais puce, je sais, … il dit que si je ne rapplique pas tout de suite, je devrais trouver une autre poire pour me payer à faire la sieste.
- Oui mais …
- Mais ne t'inquiète pas, il a trop besoin de nous pour … aller viens, il ne faut pas faire attendre Carlo.
Lucie attrape avec ces deux mains le bras de sa mère et l'aide à se relever. Puis les deux filles se dirigent vers la terrasse où les attend Carlo.
- Nina, il faut qu'on parle toi et moi.
- Carlo, il est à peine 16h, les clients ne sont là que…
- Non, pas de ça Nina, je sais, pas de ça Nina, d'autre chose.
Carlo avait sensiblement le même âge que Nina. Mais à contrario, le temps ne l'avait pas oublié. Des cheveux gris étaient là pour nous le rappeler.
- Tu connais Filipe Alberto Antunes ?
- ? … ?
- Et bien c'est un vieil ami d'enfance…
- Et alors …
- Je ne l'ai plus vu depuis au moins … depuis longtemps.
- Je suis vraiment heureuse pour toi.
- Il a fait carrière dans le show buis … Acteur, chanteur, et aussi écrivain je crois…
- Carlo, je ne comprends pas ce que tu attends de moi.
- Et bien il vient passer quelques jours à la maison. Il ne voudrait pas que cela s'ébruite de trop. Il m'a dit qu'il avait besoin de réfléchir … de se retrouver seul avec lui-même … de reprendre contact avec une certaine réalité…
- Tu sais, ton Filipe Alonso Marques, je ne le connais pas. Tu ne m'aurais rien dit, cela aurait suffit pour que je le laisse tranquille.
- Je sais Nina, je sais… Et c'est bien pour ça que je voudrais que tu t'occupes de lui. Moi, je ne peux pas m'éloigner de la plage, surtout en cette saison.
- Carlo, je n'ai rien d'une nurse, je suis serveuse, et travaille pour toi. L'aurais-tu oublié.
- Non Nina, Non… Allez sois chique… Et puis Lucie pourra me donner un coup de main ici.
- Laisse Lucie en dehors de toute ma misère.
- Je pourrai aussi me débrouiller tout seul. Nina, … Tu me dois bien ça après tout …
- Arrête ça tout de suite. Je sais que tu es un vrai père pour moi. Que sans toi …
- C'est bon Nina, c'est bon… oublies ce que je viens de te demander.
Carlo prit son air le plus pitoyable avant de reprendre sa place derrière le comptoir. Il savait que Nina ne tarderait pas à revenir sur sa décision en le voyant aussi malheureux.
- C'est bon Carlo, c'est bon. Je vais m'en occuper de ton Filipe machin bidul.Il arrive ce soir au train de 22h07. Le petit pavillon est prêt. Il couchera là-bà. Les clefs sont sur la porte. Merci Nina, merci.
Allongée les jambes nues sur cette plage-galets, elle prend sa pause d'après-midi. Depuis toujours et surtout à l'entrée de l'été, elle aime communier avec le bruit des rouleaux, la caresse du vent, et toutes ses petites perles de pierre qui lui massent le dos du corps.
Nina est serveuse dans un de ces kiosques du bord de mer. Elle y travaille à sourire et à rêver. Nina pleure souvent quand elle se réveille. Ce qui la console, c'est de croire que tout ceci a un sens. Qu'un jour, elle finira bien par comprendre et par tendre vers ce qu'elle pense être sa destinée.
- Maman, maman, réveille-toi, Carlo est en colère … il dit que …
- Je sais puce, je sais, … il dit que si je ne rapplique pas tout de suite, je devrais trouver une autre poire pour me payer à faire la sieste.
- Oui mais …
- Mais ne t'inquiète pas, il a trop besoin de nous pour … aller viens, il ne faut pas faire attendre Carlo.
Lucie attrape avec ces deux mains le bras de sa mère et l'aide à se relever. Puis les deux filles se dirigent vers la terrasse où les attend Carlo.
- Nina, il faut qu'on parle toi et moi.
- Carlo, il est à peine 16h, les clients ne sont là que…
- Non, pas de ça Nina, je sais, pas de ça Nina, d'autre chose.
Carlo avait sensiblement le même âge que Nina. Mais à contrario, le temps ne l'avait pas oublié. Des cheveux gris étaient là pour nous le rappeler.
- Tu connais Filipe Alberto Antunes ?
- ? … ?
- Et bien c'est un vieil ami d'enfance…
- Et alors …
- Je ne l'ai plus vu depuis au moins … depuis longtemps.
- Je suis vraiment heureuse pour toi.
- Il a fait carrière dans le show buis … Acteur, chanteur, et aussi écrivain je crois…
- Carlo, je ne comprends pas ce que tu attends de moi.
- Et bien il vient passer quelques jours à la maison. Il ne voudrait pas que cela s'ébruite de trop. Il m'a dit qu'il avait besoin de réfléchir … de se retrouver seul avec lui-même … de reprendre contact avec une certaine réalité…
- Tu sais, ton Filipe Alonso Marques, je ne le connais pas. Tu ne m'aurais rien dit, cela aurait suffit pour que je le laisse tranquille.
- Je sais Nina, je sais… Et c'est bien pour ça que je voudrais que tu t'occupes de lui. Moi, je ne peux pas m'éloigner de la plage, surtout en cette saison.
- Carlo, je n'ai rien d'une nurse, je suis serveuse, et travaille pour toi. L'aurais-tu oublié.
- Non Nina, Non… Allez sois chique… Et puis Lucie pourra me donner un coup de main ici.
- Laisse Lucie en dehors de toute ma misère.
- Je pourrai aussi me débrouiller tout seul. Nina, … Tu me dois bien ça après tout …
- Arrête ça tout de suite. Je sais que tu es un vrai père pour moi. Que sans toi …
- C'est bon Nina, c'est bon… oublies ce que je viens de te demander.
Carlo prit son air le plus pitoyable avant de reprendre sa place derrière le comptoir. Il savait que Nina ne tarderait pas à revenir sur sa décision en le voyant aussi malheureux.
- C'est bon Carlo, c'est bon. Je vais m'en occuper de ton Filipe machin bidul.Il arrive ce soir au train de 22h07. Le petit pavillon est prêt. Il couchera là-bà. Les clefs sont sur la porte. Merci Nina, merci.