Chapitre 3 - Accélération
(Le metteur en scène)
- Je veux tous les acteurs sur le plateau dans 2 minutes.
(Un assistant)
- Même les figurants ?
(Le metteur en scène)
- J'ai dis tous. Sans figurant il n'y a pas de film. Ils représentent 50% du travail. Et sans ces 50% là, l'autre moitié n'est rien. C'est un peu comme en peinture, le fond porte la forme et l'aide à prendre toute son ampleur. Tu imagines la Joconde sans son arrière plan onirique ? Elle ne serait rien, absolument rien, ou tout au mieux pas grand-chose. Alors tu vas me les chercher ou il faut que j'en paie un autre pour le faire à ta place ?
L'assistant s'éloigne.
(Moi)
- Tu vois, c'est pour ça que j'aime tourner avec toi.
(Le metteur en scène)
- Filipe, qu'est-ce qui se passe ? Nous avons du recommencer la scène du square une dizaine de fois. Tu fais chier merde. C'était pourtant pas compliqué, tu n'avais qu'à marcher les mains dans les poches l'air absent. Et au lieu de ça, tu donnes l'impression de penser à la troisième guerre mondiale.
(Moi)
- Ouais, je sais, je n'y suis plus, je crois que je vais arrêter de tourner. J'en ai marre de toutes ces conneries, de passer mon temps à être un autre. J'ai envie de vivre ma vie, de vivre vraiment.
(Le metteur en scène)
- Ok, je comprends tout ça. Mais tu es un pro, non ? Ces choses tu y penses avant ou après, mais pendant, tu est là. … Alors, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ? Tout le monde sur le plateau. C'est pourtant pas compliqué bordel de merde.
(Le metteur en scène)
- Qu'est-ce qui ce passe ? Je veux du rythme, de l'action. Je n'ai pas demandé qu'on joue les poètes lymphatiques. Vous avez déjà vu des passants passer un jour de semaine aux heures de pointe ? Leur marche ressemble à une course. Ils ont tous, ou presque tous, un objectif, un but, une cible. Ils s'y dirigent avec énergie, sans tergiversation, sans doute. … Et toi Solange, sois plus amoureuse. Tu viens de succomber à un coup de foudre dois-je te le rappeler ? Alors tu me le tiens ce bras comme si ta vie en dépendait maintenant. … Tu peux sourire Karim, mais je te rappelle que toi aussi tu es littéralement éperdu pour cette fille. Tu ne regarderas l'objectif que quand je te le dirais. … Si la prochaine prise n'est pas la bonne, je ne sais pas quand on pourra se la faire. Pour demain et les jours suivants la météo est à chier. … Bon on y va maintenant, la sieste est terminée.
(Le metteur en scène)
- Je compte sur toi Filipe. Tu me finis cette dernière scène, et après tu peux bien faire ce que tu veux.
Jacques a raison. Je dois à cette dernière scène tout ce qu'il me reste d'énergie. En cela, elle devra prendre la forme de mon dernier souffle. En tout cas, c'est comme ça que je l'imagine et que j'ai pu le sentir chez les êtres chers qui m'ont quitté.
Pour renaître ne me faut-il pas d'abord mourir ? L'enjeu est pour une fois à la hauteur de mes choix. Si je dois mourir comme acteur pour renaître dans la peau de celui qui ne joue plus la comédie, je suis prêt à ce sacrifice.
- Je veux tous les acteurs sur le plateau dans 2 minutes.
(Un assistant)
- Même les figurants ?
(Le metteur en scène)
- J'ai dis tous. Sans figurant il n'y a pas de film. Ils représentent 50% du travail. Et sans ces 50% là, l'autre moitié n'est rien. C'est un peu comme en peinture, le fond porte la forme et l'aide à prendre toute son ampleur. Tu imagines la Joconde sans son arrière plan onirique ? Elle ne serait rien, absolument rien, ou tout au mieux pas grand-chose. Alors tu vas me les chercher ou il faut que j'en paie un autre pour le faire à ta place ?
L'assistant s'éloigne.
(Moi)
- Tu vois, c'est pour ça que j'aime tourner avec toi.
(Le metteur en scène)
- Filipe, qu'est-ce qui se passe ? Nous avons du recommencer la scène du square une dizaine de fois. Tu fais chier merde. C'était pourtant pas compliqué, tu n'avais qu'à marcher les mains dans les poches l'air absent. Et au lieu de ça, tu donnes l'impression de penser à la troisième guerre mondiale.
(Moi)
- Ouais, je sais, je n'y suis plus, je crois que je vais arrêter de tourner. J'en ai marre de toutes ces conneries, de passer mon temps à être un autre. J'ai envie de vivre ma vie, de vivre vraiment.
(Le metteur en scène)
- Ok, je comprends tout ça. Mais tu es un pro, non ? Ces choses tu y penses avant ou après, mais pendant, tu est là. … Alors, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ? Tout le monde sur le plateau. C'est pourtant pas compliqué bordel de merde.
(Le metteur en scène)
- Qu'est-ce qui ce passe ? Je veux du rythme, de l'action. Je n'ai pas demandé qu'on joue les poètes lymphatiques. Vous avez déjà vu des passants passer un jour de semaine aux heures de pointe ? Leur marche ressemble à une course. Ils ont tous, ou presque tous, un objectif, un but, une cible. Ils s'y dirigent avec énergie, sans tergiversation, sans doute. … Et toi Solange, sois plus amoureuse. Tu viens de succomber à un coup de foudre dois-je te le rappeler ? Alors tu me le tiens ce bras comme si ta vie en dépendait maintenant. … Tu peux sourire Karim, mais je te rappelle que toi aussi tu es littéralement éperdu pour cette fille. Tu ne regarderas l'objectif que quand je te le dirais. … Si la prochaine prise n'est pas la bonne, je ne sais pas quand on pourra se la faire. Pour demain et les jours suivants la météo est à chier. … Bon on y va maintenant, la sieste est terminée.
(Le metteur en scène)
- Je compte sur toi Filipe. Tu me finis cette dernière scène, et après tu peux bien faire ce que tu veux.
Jacques a raison. Je dois à cette dernière scène tout ce qu'il me reste d'énergie. En cela, elle devra prendre la forme de mon dernier souffle. En tout cas, c'est comme ça que je l'imagine et que j'ai pu le sentir chez les êtres chers qui m'ont quitté.
Pour renaître ne me faut-il pas d'abord mourir ? L'enjeu est pour une fois à la hauteur de mes choix. Si je dois mourir comme acteur pour renaître dans la peau de celui qui ne joue plus la comédie, je suis prêt à ce sacrifice.

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