Chapitre 1 - Préambule
Je suis sans doute un homme comme les autres, même si j'ai tendance à penser le contraire. Je me dis que je n'ai pas la vie que je devrais avoir, que mon destin persiste à suivre une mauvaise trajectoire, qu'il se trompe de cap, et que, c'est précisément à moi, aujourd'hui, qu'il appartient de changer tout ça, que je dois reprendre le contrôle du navire.
Simple crise existentielle ou entêtement à vouloir ce qui m'est impossible d'espérer ? Ne suis-je pas bien, là, flottant sur le plus tranquille des lacs, voguant sur la plus paisible des rivières ? Que puis-je attendre de mieux ? Ne serait-ce pas pêcher, pour le croyant, comme pour l'athée d'ailleurs, que d'attendre autre chose de la vie ?
Je ne peux m'empêcher, dans ces moments là, de regarder mon visage à la surface de l'eau à la manière d'un Narcisse. Et cette vision devient vite insupportable car elle me fait réaliser que tout cela est bien futile et superficiel à l'image de mon image. Que la vie ne peut pas être un long fleuve tranquille. Qu'elle a besoin de résistance pour mesurer sa force, et que ce sont ses efforts qui lui ont permis d'arriver jusque là.
Je ressemble bien, dans cette posture, à ses nantis que je déteste pour n'avoir aucune conscience de la chance qu'ils ont à avoir ce qu'ils ont. Je me déteste à vouloir refuser ce calme et cette quiétude de corps que m'offre ma condition d'héritier de la grande civilisation occidentale.
Mais il est bien vrai aussi que ce jeu de ping-pong intérieur entre ce que j'ai et ce que j'espère doit s'arrêter. La partie commence à être longue depuis toutes ses années. Les joueurs doivent mettre un terme à l'échange. Ils sont fatigués. Les spectateurs aussi sont fatigués. Quelqu'un doit perdre. Quelqu'un doit gagner. C'est aussi ça la vie, un jeu où il y a des perdants et des gagnants. Il me faut choisir mon camp. Sans oublier toutefois que la paix a besoin d'un vainqueur et d'un vaincu. La paix ne peut venir de l'anéantissement total de l'un par l'autre. L'un comme l'autre doivent continuer à être. Je dois continuer à être dans la défaite comme dans la victoire du combat qui anime mon fort intérieur.
Aujourd'hui c'est mon anniversaire, et je me dois bien cela : être celui que je suis et cessez de ressembler à celui que je ne suis pas. Ce sera cela mon cadeau, le cadeau que je me ferai à moi-même. La trentaine bien entamée, je ne peux raisonnablement pas une nouvelle fois remettre les choses à l'année prochaine, à une autre de ces années gâchées dans l'attente.
C'est peut-être ça grandir. Vouloir quitter l'insouciance de ces jeunes années. Partir à l'assaut d'un inconnu. Réaliser que nous ne nous connaissons pas vraiment. Prendre le taureau par les cornes après avoir été soi-même le taureau.
Je dois faire mes valises. Oui, mes valises, une seule ne pourrait suffire vu le voyage que j'entreprends. Demain sera le jour de mon départ. Je partirai vers une destination que je n'ai entrevue que dans les livres, de Platon et de Freud. Je m'en irai donc à la conquête de mon être vrai et profond, quitte à m'y perdre, ou pire encore, à y découvrir des secrets consciencieusement enfouis par je ne sait quel inconscient protecteur.
Je ne suis pas un inventeur, encore moins un créateur. C'est à une auto-analyse que je vais me livrer. Et dans cette perspective, ma plus fidèle alliée est aussi la pire de mes ennemis : ma volonté.
Simple crise existentielle ou entêtement à vouloir ce qui m'est impossible d'espérer ? Ne suis-je pas bien, là, flottant sur le plus tranquille des lacs, voguant sur la plus paisible des rivières ? Que puis-je attendre de mieux ? Ne serait-ce pas pêcher, pour le croyant, comme pour l'athée d'ailleurs, que d'attendre autre chose de la vie ?
Je ne peux m'empêcher, dans ces moments là, de regarder mon visage à la surface de l'eau à la manière d'un Narcisse. Et cette vision devient vite insupportable car elle me fait réaliser que tout cela est bien futile et superficiel à l'image de mon image. Que la vie ne peut pas être un long fleuve tranquille. Qu'elle a besoin de résistance pour mesurer sa force, et que ce sont ses efforts qui lui ont permis d'arriver jusque là.
Je ressemble bien, dans cette posture, à ses nantis que je déteste pour n'avoir aucune conscience de la chance qu'ils ont à avoir ce qu'ils ont. Je me déteste à vouloir refuser ce calme et cette quiétude de corps que m'offre ma condition d'héritier de la grande civilisation occidentale.
Mais il est bien vrai aussi que ce jeu de ping-pong intérieur entre ce que j'ai et ce que j'espère doit s'arrêter. La partie commence à être longue depuis toutes ses années. Les joueurs doivent mettre un terme à l'échange. Ils sont fatigués. Les spectateurs aussi sont fatigués. Quelqu'un doit perdre. Quelqu'un doit gagner. C'est aussi ça la vie, un jeu où il y a des perdants et des gagnants. Il me faut choisir mon camp. Sans oublier toutefois que la paix a besoin d'un vainqueur et d'un vaincu. La paix ne peut venir de l'anéantissement total de l'un par l'autre. L'un comme l'autre doivent continuer à être. Je dois continuer à être dans la défaite comme dans la victoire du combat qui anime mon fort intérieur.
Aujourd'hui c'est mon anniversaire, et je me dois bien cela : être celui que je suis et cessez de ressembler à celui que je ne suis pas. Ce sera cela mon cadeau, le cadeau que je me ferai à moi-même. La trentaine bien entamée, je ne peux raisonnablement pas une nouvelle fois remettre les choses à l'année prochaine, à une autre de ces années gâchées dans l'attente.
C'est peut-être ça grandir. Vouloir quitter l'insouciance de ces jeunes années. Partir à l'assaut d'un inconnu. Réaliser que nous ne nous connaissons pas vraiment. Prendre le taureau par les cornes après avoir été soi-même le taureau.
Je dois faire mes valises. Oui, mes valises, une seule ne pourrait suffire vu le voyage que j'entreprends. Demain sera le jour de mon départ. Je partirai vers une destination que je n'ai entrevue que dans les livres, de Platon et de Freud. Je m'en irai donc à la conquête de mon être vrai et profond, quitte à m'y perdre, ou pire encore, à y découvrir des secrets consciencieusement enfouis par je ne sait quel inconscient protecteur.
Je ne suis pas un inventeur, encore moins un créateur. C'est à une auto-analyse que je vais me livrer. Et dans cette perspective, ma plus fidèle alliée est aussi la pire de mes ennemis : ma volonté.

1 Comments:
je le savais qu'il y a un autre homme derrière le gars du quotidien
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